C'était donc ça l'enfance
Avoir la tête libre
Rêver la journée, parce qu'on a peur la nuit
Entretenir le mythe de la fée, du vampire et des fantômes terribles qui dorment sous le lit.
C'était donc ça l'enfance
Rêver un peu pour rien
Caché sous un canapé ou dans un placard
À crier : « Où je suis, maman ? »
Cherche bien
À nos mères qui chaque fois font semblant de ne pas voir
C'est quoi la vie, monsieur ?
Attendre et espérer que nos défaites soient des victoires voilées.
Combien de compliments pour une femme aussi belle ?
Est-ce vrai qu'avec le temps les sentiments s'éteignent ?
Quel prix pour le bonheur ?
Quelle monnaie pour l'échange ?
Si j'écris mon histoire.
Quel crayon, quelle encre ?
Monsieur, pour vous dévoiler ma peine
Les mots peuvent-ils encore donner sens à l'échec ?
C'est un combat, c'est vrai
Mais être heureux, c'est quoi ?
Nos caches sont si grandes qu'on veut rester là
Avec nos doutes, nos hontes, nos secrets
Des femmes nues plein les rêves
Des réveils meurtriers
Ça finit quand, l'enfance ? Et après, monsieur ?
Après, on peut déjà dire qu'on est vieux.
Si jeune et si farouche, la tête pleine de soucis
À se demander en douce, putain, c'est quoi la vie ?
Une histoire qu'on écrit du bout des doigts
L'envie de croire au plus beau des combats
Face à nos miroirs
Ne plus avoir le choix
Douter à chacun de nos pas
C'est quoi être un homme, monsieur ?
Soyez sincère
Faire des choix et se cacher derrière
Trouver pour chaque épreuve un prétexte à la con
S'inventer un futur
Refouler sa part d'ombre
Rechercher sa moitié
Partager ses craintes de l'avenir
Ses blessures du passé
Et si tout se déroule sans encombre
Elle fera pousser son ventre pour qu'il devienne rond
Combien de croix faudra-t-il porter à l'avance ?
À quel moment la rencontre ou à quel croisement ?
C'est quoi la vie, monsieur ?
Regretter son enfance
Bosser en attendant d'avoir quelques vacances
Si du chemin tracé je me détourne
Si je préfère les actes
Aux mille et un discours
Chacun fait ce qu'il peut pour se sentir vivre
De quel côté de la cage sommes-nous le plus libres, monsieur ?
Il y a des hommes encore
Capables de dire pardon
Pardon, j'ai eu tort
Chacun n'est ni bon ni mauvais
C'est juste un cœur
À un endroit, à un moment donné
Si dans nos têtes, les femmes nues le sont toujours
Le temps n'effacera pas les erreurs de parcours
Le bonheur est un luxe
Quand je m'interroge
C'est une boussole qui se bat contre une horloge, monsieur
Une histoire qu'on écrit du bout des doigts
L'envie de croire au plus beau des combats
Face à notre miroir
Ne plus avoir de choix
Douter à chacun de nos pas
Il est tard et je doute encore à chacun de mes pas
Les enfants ont grandi
Certains me dépassent
Les rides se sont creusées
Il reste les non-dits
Le temps a fait son œuvre
La preuve en quelques rimes
Je vais partir bientôt
C'est un cycle
Je me rappelle des mères me disant : « C'est ainsi »
Le clown est malheureux
Il a quitté le cirque
Son sourire ne brille plus
Ses gestes sont imprécis
Si je crains la solitude
Je me refuse à transmettre
L'idée que la douleur perdure
Plutôt que de penser
Les faits, je n'y crois plus
Je préfère dire qu'elle se came
Ou qu'elle se prostitue
Il est des choses qui traînent
Dans ces tabous
Qu'on emmènera toujours quelque part avec nous
Nos cœurs, vieux de ce temps, tels des greniers, n'accueillent plus que poussière sous les toiles d'araignée, monsieur
Je suis à l'âge où on ne peut mentir
Votre place de gardien
Bah, c'est moi qui l'ai prise
Je surveille votre tombe
Protège votre fille
À ceux que je rencontre, je parle de vos défis
C'était donc ça la vie
Tout est passé si vite
J'ai du mal à me dire que c'est bientôt fini
J'ai dealé du bonheur contre quelques principes
Maintenant, je suis heureux et fier de vous le dire
Une histoire qu'on écrit du bout des doigts
Envie de croire au plus beau des combats
Face à nos miroirs
Ne plus avoir le choix
Douter à chacun de nos pas
Une histoire qu'on écrit du bout des doigts
Envie de croire au plus beau des combats
Face à nos miroirs
Ne plus avoir le choix
Douter à chacun de nos pas